Comment savoir si on est précoce ?

Cela fait déjà quelque temps que vous vous posez cette question : suis-je éjaculateur précoce ? Vous êtes loin d’être le seul à avoir des doutes. Ceci est d’autant plus vrai qu’il n’existe pas de véritable consensus sur ce que l’on entend par éjaculation prématurée. Les spécialistes eux-mêmes ne parviennent pas à s’accorder tout à fait sur les contours précis de la définition. Tentons de faire le point pour vous aider à savoir si vous êtes précoce.

Les types d’éjaculation précoce

Avant de se demander si on est précoce, il est important de savoir de quoi il est question. Bien que certains professionnels de santé, notamment le sexologue canadien Jean-Yves Desjardins, aient défini plusieurs types d’éjaculateurs prématurés, il est possible de les regrouper en deux catégories :

  • les éjaculateurs primaires : les hommes souffrent de ce trouble depuis leurs premières expériences sexuelles ;
  • les éjaculateurs secondaires : elle peut être considérée comme une éjaculation précoce acquise, étant apparue subitement ou progressivement au cours de la vie sexuelle. L’homme a par conséquent connu des rapports avec éjaculation classique, mais a perdu par la suite le contrôle éjaculatoire. Ce changement soudain peut intervenir à la suite d’un changement de partenaire, d’un choc psychologique ou sans aucune raison apparente.

Les références médicales pour savoir si l’on est éjaculateur précoce

L’importance du dialogue avec le praticien

L’éjaculation précoce ne peut être diagnostiquée par un simple examen moteur, ou par une batterie de tests en laboratoire. Afin de savoir si vous êtes précoce, il est souvent essentiel de passer par le dialogue avec un médecin ou un thérapeute, pour prendre acte de certains éléments objectifs, sans négliger les aspects subjectifs. Le test PEDT et les critères du DSM-5 aident le praticien à déterminer si vous pensiez à juste titre ou non souffrir d’éjaculation précoce.

Le test PEDT

Le Premature Ejaculation Diagnostic Tool (PEDT) est un test qui peut être employé par tout type de professionnel de santé, afin d’aider à identifier un problème d’éjaculation précoce. Ce test repose sur un ensemble de cinq questions, s’appuyant principalement sur des considérations d’ordre psychologique :

  • Dans quelle mesure est-il difficile de retarder votre éjaculation ?
  • Éjaculez-vous avant de le vouloir ?
  • Éjaculez-vous après une faible stimulation ?
  • Le fait d’éjaculer avant de le vouloir vous frustre-t-il ?
  • Dans quelle mesure craignez-vous que la rapidité de votre éjaculation ne permette pas de satisfaire votre conjoint ?

Chaque réponse donnée est associée à un score, permettant de savoir si on est précoce. Plus votre résultat est élevé et plus il est probable que vous soyez dans ce cas.

Les critères du DSM-5

La cinquième édition du Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux publié par l’APA (American Psychiatric Association) fait état de quatre critères permettant de diagnostiquer une éjaculation prématurée.

Pour être considérée comme précoce, l’éjaculation doit :

  • Se déclencher moins d’une minute après la pénétration vaginale ;
  • Survenir à chaque rapport sexuel ou presque, sans que vous le souhaitiez, sur une période dont la durée doit être supérieure à six mois ;
  • Provoquer chez l’homme et sa partenaire de la frustration, de la détresse, de l’insatisfaction ;
  • Intervenir hors période de stress majeur, hors prise de médicaments ou d’une autre substance pouvant altérer la qualité de l’éjaculation, sans que l’homme soit victime de troubles mentaux autres que sexuels, et sans que l’intéressé connaisse de problèmes de couple.

Pour savoir si vous êtes précoce, vous devez valider chacun des points en question.

Définition de l’éjaculation précoce : quelles conclusions ?

Les indices à retenir

Si l’on combine les critères du test PEDT et du DSM-5, quatre axes d’analyse sont à privilégier pour savoir si on est précoce :

  • la durée et la permanence ;
  • l’environnement général (problèmes de couple, état psychologique, traitements, etc.) ;
  • la notion de contrôle ;
  • l’existence d’une souffrance chez les personnes concernées.

La pertinence des critères

Durée de pénétration et ressenti

Bien que les tests et critères présentés plus haut aient le mérite d’exister afin de donner des repères, ils ne se rejoignent pas tout à fait, notamment sur la question de la durée. Au bout de combien de temps est-on considéré comme éjaculateur précoce ? Le DSM-5 s’appuie sur une durée stricte, tandis que le test PEDT s’en remet à l’appréciation subjective de l’homme et de la partenaire. Où est la vérité ?

Pour conclure à une situation d’EJP, le test PEDT semble plus souple. Le cœur du problème se situe en effet au niveau de la souffrance engendrée par la précocité de l’éjaculation. Si un homme éjacule en deux minutes, sans jamais satisfaire sa partenaire, la frustration est alors bien présente. Inversement, si vous éjaculez systématiquement en moins d’une minute, après de longs préliminaires, offrant ainsi tout le plaisir souhaité, la qualité des rapports n’en sera pas impactée. La satisfaction de l’homme est bien entendu à ne pas négliger. Le ressenti des deux partenaires est par conséquent essentiel.

Pour ceux qui aiment les chiffres et souhaitent s’appuyer sur un ordre de grandeur, il est souvent considéré qu’une pénétration d’une durée inférieure à 3 minutes est jugée trop courte par les femmes. Soulignons encore une fois qu’il s’agit d’une moyenne. Le ressenti est propre à chaque intéressée, et cette appréciation concerne également les hommes.

Le contrôle de l’éjaculation

L’autre élément clé que l’on retrouve dans les deux supports est l’absence de contrôle. L’homme souhaiterait contrôler son éjaculation, pour son propre plaisir ou pour celui de sa partenaire, mais n’y parvient pas.

La permanence du problème

Si la durée minimale ne doit pas être le critère premier pour savoir si on est précoce, elle peut néanmoins venir conforter une suspicion d’EJP. Le caractère permanent du problème sur plusieurs mois est également important à prendre en compte. Éjaculer prématurément pendant un mois, ou une fois sur dix, ne doit pas vous alarmer, tant que vous observez un retour à la normale.

L’hygiène de vie et le contexte psychologique

Votre environnement global joue un rôle essentiel : relation de couple, stress, traitements médicamenteux, consommation de drogue, d’alcool, etc. Ces éléments peuvent en effet expliquer un cas d’éjaculation prématurée secondaire.

Quelles solutions pour traiter l’éjaculation précoce ?

Savoir que l’on est précoce est déjà un grand pas. Il est ensuite important de l’accepter, puis de chercher à y apporter une réponse.

Si au vu des critères exposés vous pensez souffrir d’éjaculation prématurée ou qu’un professionnel de santé a posé ce diagnostic, une chose est sûre : l’éjaculation précoce n’est pas une fatalité. Sachez en effet que plusieurs solutions existent : gel ou spray retardateur, médicaments, suivi chez un thérapeute, etc.

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